La périostite tibiale est une inflammation du périoste, une fine membrane qui recouvre les os.
Il joue un rôle clé dans la nutrition osseuse et la réparation tissulaire. C'est une affection fréquente chez les sportifs, en particulier chez ceux pratiquant des sports à impact répétitif comme la course à pied. Cette pathologie nécessite une attention particulière, car son traitement va bien au-delà de la simple gestion des symptômes locaux.
Qu’est-ce que la périostite ?

Le périoste est une membrane fine et résistante qui entoure la surface externe des os, sauf aux endroits où il y a du cartilage articulaire, comme les articulations. Cette membrane est particulièrement riche en vaisseaux sanguins et en nerfs, ce qui la rend sensible aux traumatismes.
Lorsque le périoste subit des microtraumatismes répétés, comme lors de la course sur des surfaces dures ou d’un usage intensif des muscles et tendons qui y sont rattachés, il peut s’enflammer. Cette inflammation, appelée périostite, se traduit par une douleur aiguë et localisée le long de l’os, en particulier au niveau du tibia, bien que d'autres os puissent également être concernés. La sur-utilisation des muscles environnants exerce une traction continue sur le périoste, provoquant une irritation et une douleur progressive.
Les signes les plus caractéristiques sont :
- Douleur localisée le long de l’os (souvent le tibia), exacerbée lors de l’activité physique.
- Sensibilité à la palpation de la zone affectée.
- Parfois, un léger gonflement ou une rougeur peut être observé.
Approche globale de la périostite
En tant qu’ostéopathe, nous abordons la périostite en considérant non seulement la zone douloureuse, mais l’ensemble du corps et son fonctionnement global.
Une inflammation du périoste peut être la conséquence d’un déséquilibre biomécanique qui affecte le membre inférieur, voire tout le corps.
Votre ostéopathe cherchera à identifier et corriger les déséquilibres qui contribuent à la surcharge du périoste, et donc à la douleur ressentie lors de vos efforts physiques. Cela peut inclure :

- Une évaluation de la posture générale : des anomalies posturales, comme une bascule du bassin ou une mauvaise répartition du poids sur les pieds, peuvent augmenter la charge sur les tibias.
- L’analyse de la mobilité articulaire : des restrictions de mobilité au niveau des chevilles, des genoux, des hanches ou du rachis lombaire peuvent entraîner des compensations musculaires et des tensions accrues dans la jambe.
- Un déséquilibre musculaire : des muscles sur-sollicités ou des déséquilibres entre agonistes et antagonistes (par exemple, un quadriceps trop puissant par rapport aux ischio-jambiers) peuvent provoquer une traction excessive sur le périoste.
- Une dysfonction au niveau des fascias : ces membranes qui enveloppent les muscles et les organes peuvent devenir rigides ou trop tendues, ce qui peut influencer la transmission des forces mécaniques dans le corps et contribuer à l’apparition de la périostite.
Techniques ostéopathiques
Pour traiter la périostite, votre ostéopathe utilisera en cabinet différentes techniques manuelles :
- Techniques articulaires : Pour restaurer la mobilité des articulations des membres inférieurs et du bassin, en s'assurant que les structures environnantes fonctionnent correctement sans provoquer de tensions sur le périoste.
- Travail sur les fascias et les muscles : Il est essentiel de relâcher les tensions dans les muscles environnants, notamment le tibial antérieur, les mollets et les muscles postérieurs de la cuisse. Des techniques myofasciales sont souvent utilisées pour réduire la tension exercée sur le périoste.
- Correction posturale : Des manipulations douces ou articulaires du bassin, de la colonne vertébrale ou des membres inférieurs aident à rétablir une posture équilibrée et à corriger les appuis au sol, afin de réduire les contraintes mécaniques sur le tibia.
- Techniques de relâchement musculaire : L’utilisation de techniques douces pour diminuer les tensions dans les muscles impliqués dans la pathologie, comme le massage ou le relâchement musculaire isométrique.
Prévention et conseils
En plus du traitement manuel, un ajustement de l’hygiène de vie ainsi que des routines d’étirement et d’échauffement seront nécessair afin de prévenir les récidives et favoriser la guérison.
Voici quelques recommandations :
- Réajustement de la pratique sportive : Une période de repos temporaire peut être nécessaire pour permettre au périoste de guérir. Ensuite, un retour progressif à l’activité est conseillé, en évitant les surfaces dures ou irrégulières, et en privilégiant des chaussures adaptées.
- Étirements et renforcement musculaire : nous pouvons vous recommander des exercices d’étirement et de renforcement musculaire pour équilibrer les muscles du membre inférieur et réduire les tensions exercées sur le tibia en fonction des causes retrouvées.
- Optimisation de la foulée et des appuis au sol : Corriger la façon de courir ou de marcher peut prévenir les surcharges. Il est donc parfois nécessaire de changer de marque ou de drop de chaussure encore d’utiliser des semelles orthopédiques en complément du traitement ostéopathique.

Et mon ostéopathe ?
La périostite n’est pas qu’une simple inflammation localisée ; elle est souvent la conséquence de déséquilibres globaux dans le corps. L’ostéopathe, dans son approche globale, s’attache à corriger ces dysfonctions en agissant non seulement sur la zone douloureuse, mais sur l’ensemble du corps. Ce traitement holistique, associé à des conseils adaptés sur la posture et la pratique sportive, permet non seulement de soulager la douleur mais aussi de prévenir les récidives.
Le suivi par votre ostéopathe permet une analyse complète de vos douleurs, et du fonctionnement de votre corps dans l'activité sportive, afin de prévenir les blessures et d'aller toujours plus loin dans vos objectifs sportifs !
Clément Donnou
Ostéopathe D.O. spécialisé en sport
Lyon 8
